Dancing- yeaah, Le retour.

Dancing- yeaah, Le retour.
C'EST REPARTI POUR UN TOUR.

Mon nom est Holden Sky Aymes. Certains m'admirent et me respectent. D'autres m'envient et me méprisent. Leurs opinions m'importent peu. Leurs jugements m'éffleurent à peine. Vous savez, j'ai tout ce que vous rêvez d'obtenir. Tout ce que vous rêver d'avoir un jour. Je suis tout ce que vous rêvez d'être. Tout ce que vous voulez devenir. je suis musicien. Jeune. beau. amoureux. Père. Seulement, je suis mort. Je suis mort et croyez moi, c'est le détail qui fout tout en l'air.

Mourir ne m'a jamais vraiment effrayé. je n'ai jamais réellement réfléchi à la mort, ni à ce qu'elle entraîne. JE n'ai jamais pris la peine d'y penser. Je n'ai jamais pris le temps nécéssaire. Peut être me jugais-je trop jeune. Trop insoucient. Trop ignorant. Peut être me jugais-je simplement trop vivant. Trop vivant pour imaginer un seul instant, une seule seconde, que ma vie serait réduite à néant. Pour être honnête, je ne distingue pas clairement la différence. je saurais à peine l'expliquer. la mort est douce, sans embûches. Sans douleur. Du moins, en ce qui me concerne. je n'ai rien vu. Je n'ai rien ressenti. Absolument rien. Je n'ai perçu qu'un cri. Un cri perçant. Perçant et déchirant. A cet instant, si un cri, un riidicule cri, avait pu m'achever, ce la aurait été le sien. Son cri et la douleur qui dégageait m'auraient achevé. Son cri à Elle. Seulement, tout est arriver vite. Bien trop vite pour que je comprenne un seul instant ce qui m'arrivait. J'étais là, debout. J'étais là, debout et en vie. Une seconde aura suffit pour que je sois à terre. En une seconde, j'étais à terre. En une seconde, j'étais mort. En une seconde, j'étais comme vide. Je suis vide.




I'M BACK , HOLIDAY TIME <3 HAVE A GOOD DAY & MERRY CHRISTMAS !

# Posted on Saturday, 04 July 2009 at 4:25 AM

Edited on Saturday, 19 December 2009 at 5:22 AM

001.

L'obscurité domine la pièce. Aucun rayon de lumière ne daigne traverser les épais rideaux ornant la fenêtre. Aucun rayon ne lutte pour traverser, ne serait-ce qu'un peu, le tissus bordeaux. La chambre est sombre. Depuis trois jours. Trois longs jours. Longs et interminables. Jake ouvre les yeux lentement. Elle passe une main de l'autre côté du matelas, intacte. Vide. Elle aurait donné n'importe quoi pour que tout cela ne soit qu'un cauchemar. Un sordide et ridicule cauchemar. Seulement, ce n'est pas un rêve. C'est bel et bien la réalité. C'est sa réalité. C'est son cauchemar. Elle passe une main sur ses joues endolories. Elles brûlent. Elles brûlent et c'est insupportable. Presque autant que la douleur qui la déchire. Cette douleur qui la transperce. Cette douleur qui la bat, à l'intérieur. Non, rien n'est pire que cette douleur atroce. Cette douleur qu'elle ne connaît que trop bien. Elle se lève avec difficulté. Ses cheveux bruns emmêlés lui tombent sur le visage. Ses os craquent. Elle s'assied au bord du lit et fixe le peu de lumière qui parvient à se faufiler dans l'obscurité. A quoi bon ? A quoi bon se lever ? Elle n'en a pas la moindre idée. Elle n'en a pas la moindre ridicule envie. Et puis, ce n'est qu'une journée. Une journée de plus. Ce n'est qu'une simple et pauvre journée. Une de plus ou une de moins, où est la différence ? Elle soupire avant de se hisser sur ses jambes frêles. A quoi bon vivre cette journée si lui, n'est plus là ? C'est grotesque. C'est impensable. Il est mort. Skye est mort. Son amour, son âme s½ur. Il n'est plus là. Il n'est plus là et elle est seule. Elle n'est plus rien. Elle n'est plus personne. Elle n'est plus que l'ombre d'elle-même. Elle se retrouve seule face à la réalité. Seule face à son souvenir.

Elle erre dans l'appartement. Cet immense appartement. Le leur. Elle parcoure chaque couloir, chaque pièce. Comme si il allait apparaître, d'un instant à l'autre. Comme si il allait la surprendre. Comme si sa voix allait s'élever sur une mélodie. Comme avant. Seulement « avant » ne veut plus rien dire. Ce la ne signifie plus rien. Ce ne sont que des mots. De stupides mots. Stupides et destructeurs. Son regard se tourne alors vers la fenêtre. Les timides rayons du soleil l'attirent. Elle s'avance d'un pas lent vers la vitre, au fond du salon. D'ici, elle domine la foule parisienne. D'ici, elle en domine l'effervescence. Elle en domine l'empressement. D'ici, elle domine la vie. Elle jette un bref coup d'½il à l'horloge. 6h45. Paris s'éveille. Ses paupières s'alourdissent peu à peu. Ses yeux luttent à rester ouverts. De profondes cernes marquent son regard sombre. Elles se creusent sous son regard vide. Elle n'a pas dormi. Elle n'a pas dormi depuis tellement longtemps. Ou alors, très peu. Elle ne peut pas. Elle ne peut plus. Fermer les yeux revient à voir le visage de Skye. Elle fermant les yeux, elle revoit ses yeux chocolat malicieux. Et cette lueur éclatante. Eclatante et enfantine. En fermant les yeux, elle revoit son visage fin et ses traits parfaits. Elle revoit son habituelle mèche tomber sur son ½il droit. Oui, en fermant les yeux, elle le retrouve. Elle le retrouve et se tue à petit feu. L'idée qu'il ne soit plus qu'un souvenir la tue. Elle l'achève. Cette idée la détruit, encore un peu plus.

Soudain, la porte d'entrée s'ouvre. Elle se referme en silence. Malgré la distance, Jake parvient à capter le moindre bruit. Malgré son vide, elle capte la moindre présence de vie. La moindre respiration. La porte claque silencieusement mais sèchement. Comme un courant d'air. Comme un coup de vent. Un coup glacial et sec. De timides pas résonnent dans son dos. Ils sont hésitants, presque retenus. Le souffle calme et doux de Juliet s'élève dans la pièce. Il comble le silence insoutenable.



Les vacances sont finies, dumoins pour moi..
je vous promet de poster plus régulièrement, en attendant, profitez.
Love, love & love again.

# Posted on Sunday, 26 July 2009 at 6:25 AM

002.


Powderfinger - Drifting Further away.

Ce silence lourd. Lourd et insupportable. Malgré la douleur et le chagrin qui la rongent, Jake sent le soulagement se répandre en elle. Malgré la rage et les pleurs, elle se sent apaisée. Apaisée qu'elle soit là, à ses côtés. Apaisée que Juliet ne l'ai pas laissée. Elle ne lui fait pas face pour autant. Elle reste là, droite et impassible, son regard se perdant dans le vide. Sa gorge se serre, son estomac se noue. Un frisson froid parcoure ses reins. Jake ajuste la veste noire qu'elle porte avant de la fermer. Elle est trop grande pour elle. Bine trop grande. Skye l'a toujours portée. Juliet, elle, garde le silence. Elle ne sait que faire. Elle ne sait que dire. Peut-être parce qu'il n'y a rien à dire. Rien ne pourra aider Jake. Rien ne pourra la ramener à elle. Alors non, elle ne lui dira pas que tout ira mieux, un jour où l'autre. Elle ne lui dira pas que c'est la vie. Non, Jake crache sur la vie. Elle ne lui dira pas non plus de rester forte. Elle ne lui dira pas que Dylan a besoin qu'elle se relève. Jake a déjà été bien trop forte. Elle a déjà été beaucoup trop forte. Beaucoup plus que n'importe qui. Elle ne lui dira pas qu'un jour, elle cessera enfin de souffrir. Elle ne lui mentira pas. Sans Skye, rien n'ira bien. Sans Skye, rien n'ira plus jamais bien. Elle le sait. Jake ne sera plus jamais la même. Elle ne sera plus jamais celle qu'elle a été.

Juliet s'avance lentement. Lentement mais sûrement. Vigilante, elle pose une main sur l'épaule de son amie. Une main rassurante et protectrice. Elle n'ose pas approcher davantage. Jake, elle, parait inerte. Juliet saisit la jeune femme, la laissant tomber en arrière, contre elle. Elle pose sa tête au creux de son épaule. Jake ne se retourne pas. Au contraire, elle s'abandonne. Elle se laisse aller contre sa meilleure amie. Sa s½ur, son double, sa confidente. Celle qui la soutient. Celle qui voudrait arracher cette douleur qui la ronge. Celle qui la retient d'une chute certaine. Celle qui la maintient en vie.

« Tu n'avais pas fermé la porte, souffle Juliet. C'est une habitude que tu devrais perdre.
- je me fiche de mes habitudes, bonnes ou mauvaises. Elle n'ont plus d'importance.
- Ne dis pas ça.
- Pourtant, c'est vrai.
- Tu n'as pas dormi depuis combien de temps ? Demande- elle après un hochement de tête.
- Trente six heures, murmure Jake d'une vois rauque.
- Dors un peu, répond Juliet.
- Je ne peux pas. pas toute seule.
- Je n'irai nulle part, Jake. Je reste ici, avec toi. Tu devrais te reposer tu sais. Tu es a bout de force et Alex ne va pas tarder.
- Je ne bouge pas d'ici, c'est hors de question. Je refuse d'assister a cette cérémonie. Je refuse de voir tous ces gens, ces hypocrites qui prétendent comprendre. Parce non, ils ne comprennent pas. Personne ne peut comprendre.
- Je sais que c'est dur.
- Non, tu ne sais pas justement. Ils vont l'incinérer Juliet ! je ne peux pas voir ça. Je ne peux pas. je ne veux pas. »

Juliet soupire. Soudain, elle desserre son étreinte et retourne Jake, l'obligeant à lui faire face. Son teint est pâle. Une pâleur atroce. &uml;Presque transparent. Ses cernes traduisent son épuisement. Comme si la joie avait été absorbée de son regard. Comme si tout éclat de rire s' en était évaporé. Comme si la vie s'était enfuit de son regard, en un éclair.

« Regarde moi, commence Juliet. Regarde moi, Jake. Tu dois y aller. Tu dois lui dire au revoir. Tu penses vraiment qu'il voulait ça pour toi ? Que tu reste cloîtrée chez toi ? Que tu te laisse mourir ? Je t'en pris Jake, sois sérieuse cinq minutes ! Il n'aurait jamais voulu ça, tu le sais aussi bien que moi.
- qu'est ce que ça change ?
- Tout. Ça change tout. Il s'est battu pour toi. Pour vous deux. Après la mort de Lucas, il...
- Justement ! la coupe Violemment Jake. Justement ! Lucas est mort. Medley est morte. Aujourd'hui Skye. Je suis supposé faire quoi ? attendre mon tour ? C'est ça ?
- Je t'interdis de dire une chose pareille, lance Juliet en serrant ses épaules. Je te l'interdis, tu m'entends ? Tu iras à cette cérémonie. Pas seulement pour toi. Pour ta fille. Tu iras. Tu as toujours dis qu'il t'avait sauvé. Prouve lui que ce n'était pas pour rien. Et maintenant je t'en supplie, va dormir.
- Comment va Dylan ?
- Elle tient le coup. Elle est forte, tu sais. Mais elle ne comprend pas. Elle ne comprend pas que son père ne reviendra pas, ni que sa mère ne soit pas avec elle.
- Je ne voulais pas qu'elle reste ici, articule Jake. Je ne voulais pas qu'elle me voie. Pas comme ça. Pas dans cet état. Elle est mieux avec Alex. Du moins, je crois. »

Parfois, je me sens ridicule. Ridicule et idiot. Idiot d'avoir toujours remis au lendemain tout ce que j'aurais pu faire. Tout ce que j'aurais du faire, aussi. Comme beaucoup, je pensais avoir la vie devant moi. Toute la vie. J'imaginais naïvement que mes actes manqués auraient bien plus d'importance plus tard. J'imaginais bêtement que les paroles refoulées au fond de me gorge auraient plus d'impact si j'osais les prononcer plus tard. Je pensais que le courage s'intensifiait avec le temps. C'est idiot, je sais. Pourtant, j'aurais du lui dire. J'aurais du lui dire que je n'étais qu'un lâche. J'aurais du lui dire qu'importe la musique, qu'importe mon rêve, qu'importe la reconnaissance ou la gloire, sans elle, cela n'en valait pas la peine. J'aurais du agir autrement. J'aurais la retenir, ce soir là. J'aurais être là et la supplier de ne pas partir, de ne pas monter dans ce train. J'aurais être là à la naissance de ma fille. J'aurais du guider ses pas. J'aurais du être là, bien plus tôt. Seulement, je crois que la peur me poussait à me taire. La peur m'empêchait d'agir. Elle me prenait aux tripes et me poussait à enchaîner les erreurs. Elle me poussait. Elle me poussait et je tombais. Encore et encore. Elle m'étouffait. Vous êtes vous déjà retourné sur vos erreurs ? La culpabilité, vous connaissez ? Pire, les regrets ? Vous ont-ils déjà assailli ? Combien de personnes avez vous déjà perdu par crainte ? Combien d'actes manqués vous ont déjà achevé ? Combien de fois avez-vous perdu espoir ? Combien de fois avez vous manqué de courage ?
Vous savez, la mort vainc la peur. Elle l'absorbe. Elle la déchire. C'est vrai, aujourd'hui je n'ai plus peur de rien, chanceux que je suis. Seulement, c'est un peu tard. Aujourd'hui, je comprends l'absurdité de mes craintes. Je comprends l'absurdité de mes doutes. Au fond, je n'aurais du avoir peur que d'une chose, de mon vivant. Une seule et unique chose. Oui, j'aurais du avoir peur de ne plus rien ressentir. J'aurais du avoir peur de mourir.




# Posted on Sunday, 01 November 2009 at 4:58 AM

003.




Jake s'éveille doucement. Subitement, elle relève la tête, angoissée. Elle soupire, soulagée. Juliet est toujours là , dans la chambre, quelques vinyles en main. Elle se retourne, lui sourie avant de l'attirer hors du lit. Elles doivent faire vite. Jake enfile un slim noir qu'elle accorde à un chemisier et à une veste de smocking assortis. Enfin, elle enfile ses bottes noires. Pour une fois que ses vêtements sont dans la norme de quelque chose...
Elle entreprend de se maquiller. C'est vrai que passé trois jours dans la peau d'un zombie n'est pas avantageux. Elle inspire profondément, consciente de ce qui l'attend. Elle y est. Ce moment qu'elle redoute depuis trois jours. Ce moment qu'elle redoute depuis des heures. Jake se tient face à la vitre, une dernière fois. Elle cale son front contre le verre. Des frissons parcourent ses reins à son contact. Juliet saisit alors sa main et la sert aussi fort qu'elle le peut. Jake, elle, garde ses doigts entremêlés avec ceux de son amie. Soudain, des coups des coups résonnent contre la porte d'entrée. De légers coups, à peine audibles. Juliet sourie avant d'aller ouvrir. Elle a refermé la porte pendant qu'elle dormait. Jake ne peut s'empêcher d'esquisser un timide sourire. Elle a de la chance. Elle beaucoup de chance de l'avoir, elle le sait.

Alex pénètre dans la pièce, tenant la main de Dylan. Son regard brun la rassure. Sa sérénité la rassure, malgré la lueur de tristesse. Sans un mot, Jake se précipite vers sa fille et la serre dans ses bras. L'enfant niche son visage dans les cheveux de sa mère. Dylan est tout ce qu'il lui reste, à présent. Elle est tout ce qu'il lui reste de lui. Elle est tout ce qui compte. Elle resserre son étreinte. Comme pour la protéger. Comme pour se persuader qu'elle ne partira pas. Comme pour se prouver que personne ne la lui enlèvera. Jamais. Juliet les rejoint alors, se mêlant à l'étreinte. Alex soupire et se joint à elles. Ils sont là, tous les quatre, enlacées, au milieu du salon. Ils s'en fichent. Ils sont ensemble. Jake ravale un sanglot. Ils sont une famille. Ils sont sa famille.

Les minutes défilent, toutes plus interminables les une que les autres. Elles s'écoulent, comme des heures. Jake observe Paris qui défile aussi sous ses yeux. La foule parait ralentie. A ses yeux, elle n'a de cesse de ralentir. Elle enfouie son visage dans les épaisses boucles brunes de Dylan. Un parfum doux et sucré s'en dégage. Un parfum de vanille. La voiture se stoppe alors. Elle respire une dernière fois, embrasse la tête de sa fille et s'élance à l'extérieur. Ce n'est qu'un mauvais moment. Ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Ce n'est qu'au mauvais moment qui perdurera jusqu'à la fin de sa vie. Elle se mélange à tous ces gens vêtus de noir, tout comme elle. certains lui adressent un timide sourire. D'autres évitent son regard. D'autres encore la connaissent à peine. Elle n'y prête guère attention. Elle ne veut pas leur parler. Elle ne veut pas savoir. Elle ne veut pas écouter. Elle ne veut pas de leurs condoléances. Elle ne veut, ni de leur douleur, ni de leur chagrin. Elle en a bien assez. Serrant fermement la main de sa fille, Jake pénètre dans l'église. Juliet, quant à elle se réfugie dans les bras d'Alex. Soudain, un silence effrayant s'installe. Il s'étend dans la salle, au point d'en absorber la moindre respiration.

« Maman, qu'est ce qu'il se passe maintenant ? Pourquoi tous ces gens sont là ? Tu les connais ? Chuchote alors Dylan qui n'avait pas encore ouvert la bouche.

Surprise, Jake plonge son regard dans celui de l'enfant. Elle rencontre ses yeux chocolat, son s½ur se serre. C'est automatique. Que doit elle lui dire ? Que doit elle répondre ? Qu'elle ne verra plus jamais son père ? Qu'il s'en est allé loin ? Très loin ? elle ne sait pas. Tout se bouscule dans son esprit. Tout s'entrechoque. Le chagrin. La colère. L'ignorance.

- Et bien, commence t-elle la gorge serrée, nous allons dire au revoir à papa. Tout ces gens que tu vois veulent montrer qu'il tenait à lui. Ils veulent le lui montrer une dernière fois. Ils sont tristes, comme toi. Comme nous. Comme oncle Alex et Juliet. Le prête va parler, moi aussi. Et ensuite, tout à la fin, ils l'emmèneront se préparer. Ils doivent le préparer pour qu'il puisse partir.
- Il ne reviendra pas, souffle Dylan d'une voix calme et franche.
- Non Honey, il ne reviendra pas. »

Jake avale sa salive avec difficulté. Elle se mord la lèvre jusqu'au sang. Elle ne doit pas craquer. Pas maintenant. Elle n'a pas le droit. Elle n'a pas le droit de faire cela à Dylan. Pourtant, de timides larmes perlent aux coins de ses yeux. Non pas à cause du chagrin, mais plutôt à cause de l'intense douleur qu'elle s'inflige. Elle ne craquera pas. elle n'a pas craqué jusqu'à présent. Elle a tenu. Elle tiendra encore. Une heure. Une journée. Un mois. Une vie. Elle n'en a pas la moindre idée. Mais elle se doit de tenir. Elle s'étonne de rester si impassible. Ces derniers jours , elle s'est sentie inhumaine. Comme si elle n'avait jamais connu aucun sentiments. Comme si elle était vide. Vide et insensible. Comme si, elle n'était plus en vie. Son regard ne peut se détacher de l'urne d'un noir éclatant , près de l'autel. Une urne. Voilà ce qu'il reste de lui. Comment peut elle avouer à sa fille que son père est là, en cendre devant ses yeux ? C'est imprononçable. C'est inaudible. Elle-même ne l'accepte pas. alors comment une enfant de sept ans peut elle l'accepter ?

Alex se fraye un chemin entre les rangs. Surprise, Jake le suit des yeux. Elle n'a pas écouté le moitié du sermon. Tant pis, elle n'en a pas le c½ur. Juliet se faufile alors près d'elle. elle saisit sa main et la serre, le plus fort possible. Jake se plonge dans les yeux de son amie. La compassion qui s'en dégage l'apaise. Elle hoche la tête. Comme pour lui dire qu'elle va bien. Comme pour la persuader qu'elle va bien. Ou alors, comme pour se persuader elle-même qu'elle va bien. Non, elle ne va pas bien. Elle reporte son attention sur Alex. ses cheveux bruns ébouriffés et le slim noir qu'il porte lui arrachent un timide sourire. Il ne changera jamais. Sa voix s'élève alors devant l'assemblée qui le scrute, perplexe.

« Vous savez, commence t-il, ce n'est pas la première fois. Ce n'est pas la première fois que je me tiens derrière un autel à discourir sur un ami disparu. Je devrait m'y faire. Je devrais avoir l'habitude. Je devrais, seulement, ce n'est pas le cas. Aujourd'hui est la fois de trop. Il y a quelques années, à l'enterrement de notre ami Chris, Skye m'a dit quelque chose. Quelque chose que je n'ai jamais oublié. Il m'a dit : « nous sommes en vie alors vivons. Vivons pleinement pour ceux qui ne peuvent plus le faire. Nous devrions vivre ou alors, au moins faire semblant. » Cette phrase m'a fait l'effet d'une bombe. Comme un électrochoc. Comme un déclic. Comme si la foudre m'avait frappé. Il m'a toujours épaté. Il m'a toujours épaté à faire semblant de vivre. Il était celui qui croyait. Celui qui dissimulait ses craintes. Celui qui dissimulait ses faiblesses. Il les rendait inaccessibles. C'est un talent que je lui ai toujours envié. Bien sur, j'aurais voulu ne serait ce que l'égaler à la guitare. On ne peut pas tout avoir. J'avais la voix, il avait la musique. Nous y gagnions tous les deux. Alors aujourd'hui, je vais lui rendre hommage. Je vais rendre hommage à Skye Aymes, le musicien insolent. Le jeune homme insouciant. Skye Aymes, mon frère et meilleur ami, quoiqu'en dise la génétique. »

Sur es mots, Alex retire sa veste noire et la jette en boule sur le côté. Il déboutonne sa chemise blanche, laissant apparaître un tee-shirt rouge vif. Il plonge sa main sous le pupitre et saisit sa veste d'un violet éclatant, qu'il enfile. A la fois surprise et choquée, Jake ne peut s'empêcher de sourire. Peu à peu, son sourire s'élargit. Elle rit. Le rire se mélange aux pleurs qu'elle contient. Ces larmes enfouies au plus profond d'elle-même. ces larmes qui refusent de jaillir. Juliet l'imite, stupéfaite. Son regard exprime de la stupéfaction, certes, mais aussi de la fierté. Alex la surprend, comme il la rend fière. Elle se sent fière de lui. Fière de l'avoir. Fière de l'aimer. Dylan, elle, se lève brusquement et s'élance vers son parrain. Elle traverse l'allée, ses boucles brunes virevoltant au rythme de ses pas. elle monte sur l'estrade avant de se jeter dans les bras du chanteur. Elle soutit. Elle sourit, elle aussi. A cet instant, il se sent digne. Digne d'avoir été l'ami de Skye Aymes. Digne d'être son ami. Digne d'être le parrain de cette petite fille, dans ses bras. Quoique puissent dire tous ces gens face à lui, quoiqu'ils puissent penser, quelles que soient leurs réactions, il s'en fiche. Il se sent digne de ce lien qui l'unissait au guitariste. Il y des liens que rien ne peut briser. Absolument rien. Ces liens résistent à l'usure du temps. Ils résistent à la distance. Ils résistent à la haine, aussi profonde et destructrice qu'elle puisse être. Le lien qui les unit est ceux là.




A l'époque où j'ai écris cette scène, j'ai été inspirée par un One Shot écrit par For- a -palpitation. Cette histoire m'avait secouée et je voulais mettre quelquechose qui en vienne pour ne pas l'oublier.
Merci, d'être là, à suivre ce blog ♥

# Posted on Saturday, 07 November 2009 at 8:27 AM

004




Il salue brièvement l'assemblée d'un hochement de tête. Il pose Dylan à terre avant de regagner sa place, aux côtés de Juliet. Il perçoit des chuchotements sur son passage. Qu'importe, il continue son chemin. Q'ils ailent au Diable, ils ne peuvent pas comprendre. Il s'assied enfin, sous le regard fier de Juliet qui lui sourit. Ses vêtements noires ne font que ressortir ses cheveux d'un blond éclatant. La jeune femme tourne alors son regard vers Jake. C'est maintenant. C'est maintenant qu'elle doit faire face. C'est à son tour de lui dire au revoir. Elle embrasse le front de sa fille et se lève doucement. Ses jambes tremblent. Elles la soutiennent à peine. Elle se demande si elles tiendront. Elle se demande si elle ne lâchera pas prise avant. Elle se demande si elle aura la force d'y aller. Elle se demande si elle aura la force de continuer. Elle ferme les yeux et respire un bon coup. Silencieuse, elle s'avance vers l'estrade. Seuls ses talons résonnent sur le marbre, brisant tout silence. Elle plonge sa main dans la poche de son pantalon noir et en ressort un morceau de papier replié sur lui-même. Elle l'a tellement plié et replié ces deux dernières heures qu'on jugerait presque qu'elle le garde depuis des années. Ses yeux fixent ce papier ridicule pendants quelques secondes. De longues secondes. Des secondes qui sembleraient des heures. D'interminables heures. Soudain, elle le déchire et le fourre dans sa poche. Elle lève les yeux vers tous ces visages qui la scrutent. Ils paraissent étonnés. Surpris. Surpris de son geste. Elle aperçoit Seth et Josh, derrière Alex. Josh hoche la tête. Comme pour l'encourager. Elle acquiesce à son tour et respire une dernière fois. Une dernière fois avant de commencer. Une dernière fois avant de dire au revoir.

« Pour être honnête, je ne sais pas quoi vous dire. Je ne sais pas ce que je devrais dire. Pas faute d'expérience, malheureusement. Non, je ne sais pas parce que je me sens vide. Je me sens comme inhumaine. Comme si je ne savais plus ressentir. Ni le froid, ni la douleur. Pas même la fatigue. Rien. En réalité, je crois que je me sens morte. C'est horrible à dire, n'est ce pas ? Pourtant, c'est vrai. Je devrais dire qu'il était tout ce que j'avais. Tout ce qui comptait. Je devrais hurler ma douleur et pleurer à m'en brûler les joues. Seulement, je ne peux pas. je n'y arrive pas. je ne réalise pas. Vous savez, un peu comme un pansement. Lorsqu'on l'arrache, la douleur ne surgit qu'après un moment. Je sais que la mienne est démesurée. Je sais qu'elle est incontrôlable. Mais je ne sais pas quand explosera. Et ce jour là, ce jour là, je pourrais vous dire que j'ai mal. Je pourrais vous dire que sans lui, plus rien n'en vaut la peine. Ce jour là, je pourrais vous dire que j'aurais donné ma vie pour lui. Mais, il faut croire que ce n'était pas suffisant. »

Sur ces mots, elle quitte l'estrade d'un pas rapide. Elle n'a qu'une envie. Une seule envie, que tout cela cesse. Une bonne fois pour toutes. Elle se rassoit lentement. Des dizaines de regards se braquent sur elle. elle les sent. N'ont-ils rien de mieux à faire ? Ne peuvent ils pas cesser ? Elle se fiche de leur compassion. Ces sentiments n'ont plus qu'un goût amer. Ils lui donnent la nausée. Le prêtre reprend son sermon. Jake, elle, est déjà loin. Loin dans ses pensées. Loin dans ses souvenirs. Les mots ne l'atteignent pas. Ce ne sont que des mots. Des mots qu'on ne prononce uniquement pour se faire croire que tout va bien. Des mots que l'on pronce pour se prouver que ce n'est rien. Or, ce n'est pas rien. Ce n'est pas rien, c'est pire.

Les portes de l'église s'ouvrent enfin. Enfin, Jake peut s'échapper. Elle peut s'en aller. Loin, le plus loin possible. Le soleil de Janvier se cogne sur son visage. L'air froid lui glace le sang. Elle réajuste l'écharpe, autour de son cou. Certains la saluent. D'autres lui sourient. Ils semblent sincères. Elle se sent ridicule. Ridicule de ne pas tous les reconnaître. Pourtant, ces visages lui semblent familiers. D'autres, inconnus, c'est vrai. Elle se contente de leur sourire. Un timide sourire, mais sincère. Juliet lui prend la main et l'attire vers elle. Jake la suit, sans se poser la moindre question. Tout ce qu'elle souhaite, c'est s'éloigner. S'éloigner et respirer. Alex l'encourage à avancer. Elle s'exécute, le regard vide. Ils traversent les allées du cimetière. Jake balaie les tombes du regard. Elle n'y prête aucune attention. Elle est bien trop épuisée pour cela. Soudain, ses yeux se posent, tels des aimants sur celle qui lui déchire le c½ur. Le nom qui y est inscrit résonne dans sa tête. La voix de Lucas résonne dans sa tête. Son rire léger s'élève dans son esprit. Comme un coup. Un coup en plein c½ur. C'est comme si il se broyait de l'intérieur. Comme si son estomac se déchirait. Comme si ses membres se décomposaient. Comme si elle allait s'effondrer, là, sur le sol gelé. Un flot de larme remonte dans sa gorge. Quelques unes perlent aux coin de ses yeux. A cet instant, la colère l'envahit. Elle se répand en elle comme un poison. A cet instant, la douleur s'étend. La cicatrice s'ouvre à nouveau, laissant la plaie saigner en abondance. Jake lâche violemment la main de Juliet et se dirige vers cette tombe qui la délie. Cette tombe qui la ramène à la réalité.

« Tu n'avais pas le droit ! hurle t-elle. Tu entends ? Tu n'avais pas le droit ! Tu n'avais pas le droit de partir comme ça ! Pourquoi ? Pourquoi tu m'as laissé ici, toute seule ? Pourquoi tu m'as abandonnée ? Pourquoi Lucas ? Si tu t'étais battu ce soir là, si tu étais resté avec moi, Medley serait là ! Je n'aurais jamais connu Skye, je ne souffrirais pas autant aujourd'hui ! Tu disais que toi et moi, ça dominait tout le reste ! Tu as menti ! tu m'as menti !




# Posted on Sunday, 22 November 2009 at 2:49 AM